Story Peps
Recrutement

Episode 7 : Nos premiers pas d'agents de PMs! La réalité de notre quotidien!

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Charlotte Usureau
Pachamama.pm co-founder
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Recrutement

On a tous.tes eu affaire de près ou de loin à des recruteurs un jour ! Certains ont des expériences plus ou moins bonnes, mais généralement, on ne reste pas complètement indifférent, ne serait-ce que lorsqu'on est chassé, ça booste l'égo ! 😌

Mais vous êtes vous posé la question de ce que ce métier implique pour ceux.celles qui le font avec les meilleures intentions du monde ?

Dans ce nouvel article de la Story Pachamama, on vous emmène avec nous dans les coulisses de notre vie d'agent et de recruteuses de talents Product . 🤩

Le recrutement ce n'est pas juste faire passer des entretiens !

Vous le savez, Marion et moi avons des débuts de carrières différents.

Marion a démarré en tant que PM. Quand à moi, je venais tout droit des ressources humaines.

Plus précisément, cela fait plus de 10 ans que je recrute. Et quand je parle de recrutement, je ne parle pas du simple fait de faire passer des entretiens mais surtout de comprendre un poste, un métier qui n'est pas le mien, de m'immerger dans son quotidien, d'identifier le profil le plus pertinent et d'aller le chercher (chasse, annonces, réseaux, etc). Il faut être malin.e, ingénieux .se, persévérant.e! 🤓

Et encore, le plus dur reste à faire: le ou la contacter, lui donner envie de vous parler, d'écouter ce que vous avez à lui vendre (et donc de bien lui vendre l'opportunité) et analyser si au travers de son discours, il ou elle sera LA bonne personne.

C'est souvent dans ce sens là que ça se passe d'ailleurs : on part d'un besoin pour trouver le ou la candidat.e.

Tout comme dans le métier de la vente, il y a des hauts et des bas, des découvertes humaines, des désillusions, des moments d'euphorie, des côtés très chronophage, des échecs et des grands succès. Le manque de reconnaissance est surement en haut de la liste des moments durs.

Et on le sait, c'est surement la faute de tous ceux.celles qui ont piétiné le métier avant nous. Les habitudes prises par la plupart des candidat.e.s sont liées au traitement qu'ils ou elles ont pu subir. Et pourtant.

Pour ma part, il y a beaucoup de talents auxquels je me suis attachée, et même si je ne les ai pas toujours placé, j'ai pris du plaisir à les aider. Gratuitement. Car oui n'oublions pas que les conseils que l'on donne sont gratuits.

Et c'est peut-être ça le problème: on a du mal à mettre de la valeur sur les services qu'on ne paie pas.

Alors quand on a un gentil message qui arrive de nul part, un simple "merci pour ton aide" ou même dernièrement un petit cadeau reçu par la poste de la part d'un talent 🎁 , ça fait ma semaine !!

De plus, on nous confond souvent avec des "commerciaux en recrutement".

Or selon moi, il y a une grande différence entre le métier de commercial et celui de recruteur: on a entre nos mains une part importante de la vie des candidats. On ne peut pas "vendre sa mère" pour faire embaucher une personne (même si l'appât du gain est tentant quand on est en cabinet). Car tôt ou tard, cela nous rattrape.

Et une personne bien que très compétente, peut ne pas être adaptée du tout à un environnement business, une culture d'entreprise, un style managérial ou même une équipe. Tout simplement parce que les personnalités sont toutes différentes et il faut avant tout que le "fit" se créé.

C'est pour cela qu'on aura beau placer le meilleur des PMs dans la plus belle des start-ups (ou licorne puisque c'est le terme à la mode 🦄), ce n'est pas pour autant que le résultat sera incroyable.

Bref, ce n'est pas pour rien que c'est un métier à part entière. 😅

Nous ne privilégions jamais un client vis à vis d'un talent ! C'est le rôle d'un agent !

Chez Pachamama, nous avons choisi une autre approche très différente : nous positionner en tant qu' "Agents de Product People" pour contrer ce travers, cette image trop souvent véhiculée par certains recruteurs: le manque d'attention au talent, à ce qu'il ou elle veut, ses critères, ses leviers de motivation!

En pratique, lorsque nous rencontrons un nouveau talent, nous ne l'analysons pas au prisme d'une liste de job, mais nous essayons de comprendre ce qu'il.elle veut pour l'orienter au mieux vers sa cible professionnelle.

C'est difficile, cela prend du temps, et oui, il nous arrive encore de partir d'un besoin client pour aller chercher le bon talent. Mais là où nous faisons TOUJOURS la différence c'est dans l'échange et l'accompagnement. A aucun moment, nous ne privilégions un client vis à vis d'un talent. Le bien-être et le respect démontré à nos protégé.e.s sont primordiaux et peuvent être même la raison pour laquelle on arrête la collaboration avec un client (oui oui ça nous est déjà arrivé !)

Voilà en quoi pour moi cette manière de faire du recrutement est nouvelle, et surtout pourquoi on l'adore.

Mais pour être tout à fait complète dans cette vision, j'ai interviewé ma super partner Marion qui a découvert ce métier le jour du lancement de la boîte 😅

C'était beaucoup trop tentant d'avoir son retour d'expérience plus d'un an après les débuts de Pachamama, et de confronter l'idée qu'elle s'en faisait à la réalité que l'on vit tous les jours ⬇️

Ma meilleure expérience recrutement, c'est lorsqu'on m'a accompagné en respectant mes choix !

Quel (s) préjugé (s) avais-tu sur le métier avant de recruter?

Je n'avais pas beaucoup de préjugés car je n'avais pas beaucoup travaillé avec des recruteurs auparavant, tout du moins, jamais en direct avec eux.

Lorsque j'étais chez Synthesio, je me souviens d'un cabinet qui nous avait accompagné pour accélérer les recrutements de l'équipe, et j'avais particulièrement aimé le fait qu'elles nous posent des questions sur la culture et le quotidien de la boîte. Elles étaient venu dans nos locaux.

Je m'étais dis "Ah c'est chouette comme démarche."

Je me souviens de certains devs qui rigolaient entre eux en disant que certains cabinets envoyaient des belles blondes pour les chasser. En résultaient des blagues sexistes, très irrespectueuses alors qu'au fond, ils étaient méga flattés ! Je me souviens m'être dit "les mecs arrêtez de vous plaindre , c'est trop bien qu'on vous propose des jobs".

Ceci dit, je dois avouer que si j'avais un préjugé en tête c'était surement le suivant: comme beaucoup de PMs, je me faisais chasser très régulièrement et ça nous arrivait de blaguer avec mon équipe sur le fait qu'on avait tous reçu le même message à la même heure 😅 (ce qui sous entendait qu'ils n'avaient absolument pas personnalisé leur approche). Ça c'est un truc auquel je fais hyper attention aujourd'hui !

La première fois où je me suis sentie vraiment accompagnée de A à Z c'était avec Amandine Raoul de chez Thiga (avant qu'elle devienne PM ndlt). Elle m'a suivie au mieux, en respectant mes choix, mes envies et qui j'étais tout en me vendant au mieux l'opportunité qu'elle avait.

Au final je leur ai dit non, mais cela a été très très dur.

A cette époque, j'étais entre deux jobs. Avec le recul, je me rends compte que c'était un chouette moment car j'ai pu rencontrer beaucoup de monde, tester différents processus, et m'évaluer côté produit au regard des expériences recrutement que j'ai passé.

C'est aussi comme ça que j'ai réalisé que c'était hyper bien ce que j'avais fait jusqu'alors. J'étais tellement "dans le jus" que je n'arrivais pas à prendre le recul nécessaire sur mon travail, et c'est en le confrontant à d'autres personnes bienveillantes (recruteurs et pairs) que j'en ai pris conscience.

Au cours de ma carrière, je suis donc passée d'une phase "c'est trop bien de se faire chasser " à " il y en a qui font du recrutement plus ou moins bien". Et aujourd'hui avec Pachamama, on veut clairement se positionner dans la catégorie de "celles qui le font vraiment bien".

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontré en démarrant ce métier?

La première chose qui me vient en tête c'est lorsqu'on a signé notre premier client. Je me suis dis : "OK, qu'est-ce qu'on fait après?"

Je n'avais pas l'expérience des grandes étapes d'un process de recrutement et la gestion d'un recrutement tout court.

C'était une vraie sensation de vertige !

Comment accompagner le client et lui faire ressentir que tu vas bien t'occuper de lui et que tu sais ce que fais alors que tu démarres ?! 🤓

La deuxième chose concerne l'évaluation des candidats en terme de personnalité et l'expérience qu'on leur propose avec Pachamama. C'est hyper dur de se faire un avis sur quelqu'un en quelques minutes d'échange et l'enchaînement des bonnes questions doit être percutant. L'expérience qu'on fait vivre à chaque talent doit être positive et en aucun cas je ne voulais leur faire vivre une étape pénible ou trop longue alors qu'ils enchaînent potentiellement derrière un process avec nos clients.

Aujourd'hui après plusieurs mois de recul, quelles sont tes plus belles réussites?

Mon premier beau souvenir concerne un des premiers talents que j'ai placé.

J'ai suivi mon instinct en rappelant un candidat qui avait déjà une offre par ailleurs (dans une belle boîte qui plus est) en le convainquant d'aller ailleurs, parce que j'étais persuadée que c'était le plus pertinent pour la suite de sa carrière.

C'était une vraie réussite car le candidat me remercie encore 1 an après, alors que sur le moment c'était dur, je suis clairement sortie de ma zone de confort en le convainquant de se montrer déloyal vis à vis de la boîte à laquelle il venait de dire oui... pour en rencontrer une autre.

Le plus appréciable c'est quand on fait des bons matching entre les besoins d'une start-up d'un côté et les volontés personnelles des talents de l'autre. Quand tu vois le match se faire dans ta tête et qu'il prend forme dans la réalité c'est magique ! ✨

Dans ce métier, tu es bon quand tu as de l'abnégation !

Quelles sont pour toi les plus grosses difficultés de ton quotidien?

C'est sûrement le décalage entre l'investissement qu'on met dans la carrière d'un talent et la reconnaissance reçue :

  • un simple merci (la base non?!),
  • me prévenir de l'avancée de sa recherche ou de sa réflexion,
  • lorsqu'on fait des extramiles que les talents ne voient pas,
  • quand on donne des conseils pour un process qui n'est pas avec un client et que la personne ne se rend pas compte que c'est pour nous du travail "gratuit",

En 15 mois, je pense que j'ai reçu seulement 3 mails spontanés de talents me prévenant qu'ils avaient trouvé un nouveau job et qui m'avaient remercié pour l'accompagnement, et un seul cadeau... (un joli bouquet de fleurs reçu à la maison qui m'a beaucoup touchée !)

Et puis il y a les montagnes russes liées au métier de commercial 🙂 il faut être fort mentalement ! Dans ce métier, tu es bon quand tu as de l'abnégation !

C'est pour cela que je n'aurais jamais fait ce métier toute seule, à mon compte !

On sous estime trop l'importance d'être vraiment épanoui dans son travail.

Que préfères-tu dans ce métier difficile?

Rencontrer des gens tout le temps, avec des parcours éclectiques, des niveaux d'expérience variés et des projets pro et perso tout aussi passionnants et différents.

Accompagner des boîtes qui ont des produits et des maturités d'organisation différentes ça nourrit beaucoup aussi.

Sentir qu'on aide les gens, que sans toi ils auraient pris des mauvaises décisions sur eux-mêmes 😊. Car oui, beaucoup sous estime encore trop l'importance d'être vraiment épanoui dans leur travail.

Et puis il y a la diversité des activités et des échanges! Je ne m'en lasse pas .

Le recrutement, c'est un très beau métier, mais ingrat !

Quel(s) conseil (s)  donnerais-tu à quelqu'un qui souhaites se lancer dans le recrutement du jour au lendemain?

Il faut le savoir, c'est un métier ingrat. C'est plus compliqué que ça n'en a l'air et il n'est pas reconnu à sa juste valeur. La plupart du temps il est mal fait dans les boîtes qui recrutent, par manque de temps, de moyen, de ressources. Or, les start-ups devraient moins chasser pour être davantage garantes de leur expérience candidat.e.s et impliquer vraiment les managers tout le long du process!

Et surtout, vraiment prendre soin de leurs talents même après le recrutement pour éviter les départs prématurés.